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      <p>Eden ne voulait pas rester assis. C&rsquo;était visible dans chaque muscle de son corps. La manière dont sa main se crispait sur le bord du siège. La tension de sa mâchoire. Ses yeux fixés sur la route comme s&rsquo;il pouvait forcer la voiture à aller plus vite sans demander au conducteur . Le bandage à son flanc se teintait lentement d&rsquo;un rouge qu&rsquo;il prétendait ne pas sentir . Sélène le voyait. Elle voyait aussi son envie de se lever , d&rsquo;aller vers Ashfall, de se donner à Althéa si cela pouvait sauver les noms des enfants enfermés dans le dossier rouge. C&rsquo;était exactement pour cela qu&rsquo;elle lui avait interdit de décider .</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Vous allez rouvrir votre plaie, dit-elle.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Elle est déjà ouverte.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Formidable argument médical.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Je peux tenir .</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Ce n&rsquo;est pas la question. Il tourna la tête vers elle.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; C&rsquo;est toujours la question. Non. Pas cette fois. Sélène regarda son téléphone. La vidéo d&rsquo;Althéa circulait déjà. Pas massivement. Pas encore. Mais assez. Des extraits repris par des comptes anonymes. Des commentaires affolés. Des captures de la phrase : Les noms des enfants contre Eden Veyr. Ashfall. Avant minuit. La Main Blanche, Althéa et Valère savaient très bien ce qu&rsquo;ils faisaient. Ils ne forçaient pas seulement un échange. Ils fabriquaient une scène morale. Sélène Moreau avait libéré des personnes effacées. Très bien. Maintenant, allait-elle sacrifier l&rsquo;homme qu&rsquo;elle désirait pour sauver des enfants dont elle ne connaissait pas encore les visages ? Choisir une personne contre une foule. Toujours la même mécanique.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Elle ne veut pas seulement vous récupérer , dit Sélène. Eden eut un sourire sans joie.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Touchant.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Elle veut que je sois vue en train de vous livrer ou de refuser les enfants.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Oui.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Et vous voulez lui faciliter le travail en vous offrant comme monnaie.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Je veux les noms.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Moi aussi.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Alors ? Elle releva les yeux vers lui.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Alors je refuse la forme du choix. Eden ne répondit pas. Il connaissait cette phrase maintenant. Elle ne résolvait rien. Mais elle empêchait l&rsquo;ennemi de décider du terrain. Dans la voiture derrière, Maëlys parlait sans reprendre son souffle avec Livia, Noé et trois personnes rescapées capables de témoigner . Madame Renard avait insisté pour venir jusqu&rsquo;à un point sécurisé près d&rsquo;Ashfall, &ldquo;parce qu&rsquo;on ne sauve pas des noms en les laissant seuls avec des hommes bien coiffés&rdquo;. Le juge aussi venait. Pas dans la salle. Mais dans le dispositif. Le monde de la Main Blanche avait enfermé des témoins pendant des années. Sélène allait les faire exister avant qu&rsquo;Althéa puisse les réduire à des patients confus.</p>
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      <p>Son téléphone vibra. Message inconnu. Tu n&rsquo;as plus le temps d&rsquo;écrire. Sélène lut. Puis répondit : Tu confonds encore écrire et publier. Elle envoya. Maëlys, dans l&rsquo;oreillette, souffla :</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Très bon. Terrible timing, mais très bon. Eden la regarda.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Vous provoquez Valère ?</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Non. Elle rangea son téléphone.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Je lui rappelle qu&rsquo;il n&rsquo;est pas l&rsquo;auteur .</p>
      <p>Ils n&rsquo;entrèrent pas par la porte principale d&rsquo;Ashfall. Sélène refusa. La porte principale appartenait à Althéa pour cette scène. Elle l&rsquo;avait probablement préparée, éclairée, cadrée, offerte aux caméras comme un autel. Ils passèrent par l&rsquo;accès de service sous le club. L&rsquo;endroit sentait le béton humide, le métal, la fumée froide et la tubéreuse résiduelle des archives. Sélène n&rsquo;avait jamais aimé cette odeur . Maintenant, elle la comprenait mieux. La tubéreuse ne sentait pas seulement le luxe lourd. Elle sentait les choses gardées trop longtemps dans une pièce fermée. Livia attendait déjà avec un plan sur tablette.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Althéa est dans la salle principale. Valère avec elle. Six hommes visibles, probablement huit non visibles. Le dossier rouge est sur la table noire. Les caméras internes sont actives. Elle diffuse sur plusieurs canaux privés liés aux contacts du faux site Lysfall.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Public ? demanda Sélène.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Semi-public. C&rsquo;est pire. Assez fermé pour contrôler le récit, assez ouvert pour menacer . Maëlys arriva derrière, ordinateur contre elle. Ses yeux étaient rouges de fatigue et de colère.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Le flux est sécurisé, mais pas intouchable. Je peux l&rsquo;interrompre, mais si je le coupe trop tôt, elle dira qu&rsquo;on cache. Si je le laisse, elle contrôle le cadrage.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Alors on ne coupe pas, dit Sélène. Maëlys leva les yeux.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Évidemment que tu vas dire une phrase comme ça.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; On détourne.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Ça aussi, évidemment. Sélène se tourna vers le juge rescapé. Il s&rsquo;appelait Halden, ou du moins c&rsquo;était le nom qu&rsquo;il avait choisi de reprendre. Ancien magistrat, visage creusé, mains tremblantes mais voix solide.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Vous êtes certain ? demanda-t-elle.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Non. Bonne réponse. Il ajouta :</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Mais j&rsquo;ai signé deux placements avant de comprendre. Trois après avoir compris, parce que j&rsquo;ai eu peur . Puis j&rsquo;ai refusé le quatrième. C&rsquo;est là qu&rsquo;ils m&rsquo;ont rendu malade sur papier . Je peux parler de ça. Sélène hocha la tête. Pas de pardon. Pas maintenant. Mais une utilité. Madame Renard, assise sur une caisse, leva son petit carnet de cercles.</p>
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      <p class="dialogue">&mdash; Moi aussi. Livia protesta :</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Vous devriez être évacuée.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Je suis évacuée depuis douze ans, ma petite. Ça ne m&rsquo;a pas beaucoup réussi. Maëlys murmura :</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Je l&rsquo;adore. Elle me terrifie, mais je l&rsquo;adore. Noé, lui, tenait le cahier de Claire et les copies des dossiers Lenoir . Il avait l&rsquo;air trop jeune tout à coup. Trop jeune pour porter les fautes de son père, les preuves de sa mère, les rythmes d&rsquo;une chanson qui avait fait de lui une clé. Sélène posa une main sur son épaule.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Tu ne montes pas sur scène.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Je peux.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Je sais.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Alors pourquoi ?</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Parce que tu vas faire autre chose. Elle lui tendit une enveloppe scellée.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Si ça tourne mal, tu sors avec ça. Tu ne reviens pas pour moi. Tu ne reviens pas pour Eden. Tu donnes ça à Maëlys et Livia. Compris ? Noé regarda l&rsquo;enveloppe.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; C&rsquo;est quoi ?</p>
      <p class="dialogue">&mdash; La preuve que le dossier rouge n&rsquo;est pas le seul endroit où les noms existent. Il releva la tête.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Tu as déjà des noms ? Sélène regarda Madame Renard, Halden, Isolde plus loin, les rescapés, le cahier de Claire.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; J&rsquo;ai assez pour que le dossier rouge ne soit plus une couronne. Eden comprit. Althéa croyait tenir les noms comme une monnaie unique. Sélène avait commencé à les multiplier .</p>
      <p>Isolde refusa de rester en bas. Personne n&rsquo;osa lui dire qu&rsquo;elle avait tort. Elle se tenait droite dans le couloir de service, gilet blanc taché, épingle de figuier accrochée à la poitrine, cheveux défaits, visage encore incertain mais regard de plus en plus présent.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Althéa parlera de moi, dit-elle. Eden répondit aussitôt :</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Je peux répondre.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Non. Un simple mot. Il s&rsquo;arrêta. Isolde inspira.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Si elle utilise mon nom, je veux être celle qui refuse. Sélène regarda Eden. Il souffrait. Pas physiquement seulement. Il venait de retrouver une sœur et devait déjà apprendre à ne pas parler à sa place. La cruauté avait vraiment beaucoup d&rsquo;imagination.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; D&rsquo;accord, dit-il. Isolde sembla surprise qu&rsquo;il accepte. Puis elle hocha la tête.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; D&rsquo;accord. Maëlys vérifia le micro de Sélène.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Tu es reliée à nous. Pas au flux d&rsquo;Althéa. Je peux basculer ton audio en public quand tu donnes le signal.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Quel signal ? demanda Sélène.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Une phrase que tu ne dirais pas par accident. Sélène réfléchit. Puis :</p>
      <p class="dialogue">&mdash; &ldquo;La tubéreuse ment mieux quand la pièce est chaude.&rdquo; Maëlys la fixa.</p>
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      <p class="dialogue">&mdash; Tu es impossible.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Mais tu t&rsquo;en souviendras.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Malheureusement, oui. Eden se rapprocha.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Votre plan dépend beaucoup de la parole.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; C&rsquo;est le principe d&rsquo;une scène publique.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Et si elle tire avant ?</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Elle ne tirera pas.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Vous n&rsquo;en savez rien.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Si elle voulait votre corps seulement, elle aurait envoyé des hommes. Si elle voulait les enfants détruits, elle aurait brûlé le dossier . Elle veut que je choisisse devant témoins. Elle a besoin que la scène respire. Eden la regarda.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Et Valère ? La vraie question. Valère n&rsquo;avait pas besoin de victoire propre. Valère aimait les failles. Sélène posa la main sur le mur froid.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Valère voudra que l&rsquo;histoire devienne meilleure que la vérité.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Donc ?</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Donc je vais lui donner une scène trop imparfaite pour qu&rsquo;il puisse l&rsquo;écrire proprement. Eden eut un souffle presque amusé malgré sa douleur .</p>
      <p class="dialogue">&mdash; C&rsquo;est une stratégie ?</p>
      <p class="dialogue">&mdash; C&rsquo;est mon style. Un silence. Puis il dit :</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Sélène. Elle tourna la tête.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Si elle demande encore l&rsquo;échange...</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Je dirai non.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Même si je vous demande de dire oui ? Elle le fixa. Il ne plaisantait pas. Il était prêt à se donner , mais il lui demandait de ne pas respecter cette volonté-là si elle venait de la peur . Ce n&rsquo;était pas une petite demande.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Vous me confiez votre mauvais choix ? demanda-t-elle.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Oui. Elle sentit sa gorge se serrer .</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Alors je le refuse. Il hocha la tête.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Merci. Elle aurait voulu le toucher . Elle ne le fit pas. Pas avant la scène. Pas avec tout ce sang, toute cette histoire, toute cette surveillance. Mais elle lui offrit une phrase.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Revenez à gauche. Il la regarda.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Toujours ?</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Non. Elle inspira.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Choisi. À chaque fois. Quelque chose passa dans son visage. Pas un sourire. Mieux. Une décision.</p>
      <p>La salle principale d&rsquo;Ashfall était presque vide. Presque. C&rsquo;était ce qui la rendait inquiétante. Les tables avaient été retirées. Les lustres brûlaient d&rsquo;une lumière basse. Les bougies Tubéreuse étaient allumées par dizaines, lourdes, blanches, presque obscènes. Au centre, la table noire. Sur la table : le dossier rouge. Althéa était assise derrière. Valère debout à sa droite, costume clair , mains croisées, sourire doux. Derrière eux, un écran diffusait le flux privé. On voyait les commentaires défiler sur le côté, certains venus du faux réseau Lysfall, d&rsquo;autres de comptes anonymes, d&rsquo;autres encore de personnes qui ne comprenaient pas si elles regardaient une fiction, une prise d&rsquo;otage ou une campagne marketing devenue folle. Is this part of the book? Where is Eden? Show the names. This is sick. ASHFALL LIVE? Althéa leva les yeux lorsque Sélène entra. Pas par la porte principale. Par le côté. La matriarche n&rsquo;aima pas cela. Petite victoire. Eden entra avec elle. Blessé, pâle, mais debout. Pas offert. Pas enchaîné. À gauche. Isolde suivit, entourée par Livia et Madame Renard. Maëlys restait hors champ, en régie mobile. Noé aussi, prêt à sortir l&rsquo;enveloppe si nécessaire. Althéa regarda Isolde. Une tension minuscule passa sur son visage.</p>
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      <p class="dialogue">&mdash; Vous l&rsquo;avez ramenée dans le bruit, dit-elle. Isolde répondit :</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Je suis venue. Deux mots. La salle changea. Valère baissa les yeux comme s&rsquo;il savourait une phrase bien placée.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Merveilleux, murmura-t-il. Sélène le regarda.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Vous avez l&rsquo;air heureux.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Je le suis. Les familles qui se décomposent publiquement ont toujours une honnêteté que les mariages n&rsquo;atteignent jamais.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Vous devriez écrire des cartons d&rsquo;invitation.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Je préfère les testaments. Althéa posa la main sur le dossier rouge.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Assez. Les noms contre Eden. C&rsquo;est l&rsquo;offre. Elle expire à minuit. Sélène regarda l&rsquo;écran. Le flux regardait. Bien.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Non. Un murmure numérique traversa les commentaires. Althéa sourit.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Donc vous choisissez Eden.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Non.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Alors vous choisissez les enfants.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Non. Le sourire d&rsquo;Althéa se refroidit.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Il va falloir être plus claire. Votre public aime les phrases mystérieuses, mais les enfants ont rarement le luxe du style. La phrase était bonne. Cruelle. Sélène l&rsquo;encaissa.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Je refuse votre grammaire. Valère rit doucement.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Ah. Il regarda Althéa.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Je vous avais dit qu&rsquo;elle ferait ça.</p>
      <p>Althéa ouvrit le dossier rouge. Sélène sentit Eden se tendre à côté d&rsquo;elle. Pas pour lui. Pour les noms. Sur la première page, des colonnes. Prénoms. Dates. Nouveaux noms. Lieux. Statuts. Enfants effacés. Déplacés. Renommés. Rendus juridiquement flous, médicalement instables, socialement invisibles. Althéa tourna la première page vers la caméra. Trop vite pour tout lire. Assez pour prouver qu&rsquo;elle avait quelque chose.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Vous voyez ? dit-elle. Ce ne sont pas des symboles. Ce ne sont pas des métaphores pour votre petit livre sombre. Ce sont des vies. Et Sélène Moreau vient de refuser l&rsquo;échange. Les commentaires explosèrent. Give her Eden No don&rsquo;t Show the list This can&rsquo;t be real Sélène sentit l&rsquo;envie de répondre immédiatement. Elle attendit. Un battement. Deux. Laisser Althéa croire que la pression montait. Puis elle dit :</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Vous ne montrerez pas les noms. Althéa leva un sourcil.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Vraiment ?</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Non. Parce que les noms ne sont pas votre arme la plus précieuse. Le récit autour d&rsquo;eux l&rsquo;est. Si vous les publiez sans contrôle, vous perdez la capacité de décider qui est enfant disparu, qui est patient dangereux, qui est héritier , qui est témoin, qui est preuve gênante. Vous ne menacez pas de révéler . Vous menacez de garder la mise en scène. Valère sourit. Althéa moins.</p>
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      <p class="dialogue">&mdash; Vous apprenez, dit-elle.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Oui. Sélène fit un pas vers la table. Eden bougea aussi. Elle leva deux doigts. Il s&rsquo;arrêta à gauche. Visible. Encore.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Je n&rsquo;ai pas besoin que vous donniez le dossier , continua Sélène. Althéa eut un petit rire.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Mensonge.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Non. J&rsquo;ai besoin que vous croyiez être la dernière porte. Silence. Sélène regarda l&rsquo;écran.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; La tubéreuse ment mieux quand la pièce est chaude.</p>
      <p>Maëlys ouvrit le flux parallèle. D&rsquo;un coup, le cadrage changea. Pas visuellement pour Althéa. Mais dans le réseau. Le flux d&rsquo;Ashfall fut doublé par un second flux, officiel, ancré au vrai compte de Sélène, relayé par Maëlys, Livia, plusieurs journalistes et les premiers témoins sauvés. Sur l&rsquo;écran derrière Althéa, les commentaires changèrent. OFFICIAL ASHFALL STREAM IS LIVE Watch her account The witnesses are speaking Althéa tourna la tête vers l&rsquo;écran. Trop tard. Maëlys lança la première vidéo. Madame Renard. Assise dans la voiture, couverture sur les épaules, regard droit.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Je m&rsquo;appelle Renard. On m&rsquo;a appelée trouble mnésique sévère parce que je dessinais des cercles quand je voulais retenir des visages. Voici le premier visage. Elle leva une feuille. Un nom. Pas d&rsquo;enfant. Un médecin. Un effaceur . Puis Halden apparut.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; J&rsquo;ai été juge. J&rsquo;ai signé. J&rsquo;ai eu peur . Voici les noms de ceux qui m&rsquo;ont apporté les dossiers déjà écrits. Un autre nom. Puis Isolde, en direct dans la salle, fit un pas.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Je ne suis pas Blanche. Le flux explosa. Althéa pâlit. Pas beaucoup. Assez.</p>
      <p>La stratégie n&rsquo;était pas de publier les noms des enfants. Jamais. Pas comme ça. Pas en pâture à un public qui ne saurait pas protéger ce qu&rsquo;il venait de recevoir . La stratégie était de publier les noms de ceux qui avaient construit l&rsquo;effacement. Médecins. Juges. Administrateurs. Convoyeurs. Signataires. Cellule Lys. Les piliers avant les victimes. Althéa comprit. Valère aussi. Son sourire devint plus sincère, presque admiratif.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Très joli, dit-il. Vous avez refusé la pornographie de la victime. Sélène le regarda.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Et vous avez l&rsquo;air déçu.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Un peu. Mais intellectuellement nourri. Althéa ferma le dossier rouge.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Vous pensez que quelques témoignages vont suffire ?</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Non.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Alors ?</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Alors ils vont empêcher votre version d&rsquo;être la seule pendant les prochaines heures. Livia, dans l&rsquo;oreillette :</p>
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      <p class="dialogue">&mdash; Les relais prennent. Deux journalistes enregistrent. Des avocats contactés par Halden confirment réception. Les fichiers Lenoir sont en dépôt sécurisé. Maëlys ajouta :</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Et le faux réseau Lysfall est en train de paniquer . Beaucoup de comptes suppriment leurs messages. Les rats quittent le navire, c&rsquo;est très moche mais satisfaisant. Althéa posa les deux mains sur la table.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Eden. Sa voix changea. Maternelle. Lisse. Un poison familier .</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Tu vois ce qu&rsquo;elle fait ? Elle utilise des patients, des témoins instables, ta sœur à peine retrouvée, pour gagner une scène. Elle n&rsquo;est pas différente de moi. Elle a seulement moins d&rsquo;expérience. Eden ne répondit pas. Sélène non plus. Il devait répondre lui-même ou pas du tout. Après un long silence, Eden dit :</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Elle ne m&rsquo;a pas demandé de me taire. Althéa cligna des yeux.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Pardon ?</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Elle ne m&rsquo;a pas demandé de parler non plus. Elle m&rsquo;a laissé choisir ma place.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Et tu choisis derrière elle ?</p>
      <p class="dialogue">&mdash; À gauche, répondit-il. Le mot sembla ridicule dans cette immense salle. Puis il ne le fut plus. Isolde le regarda. Madame Renard, sur l&rsquo;écran, sourit. Maëlys murmura dans l&rsquo;oreillette :</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Je suis obligée d&rsquo;admettre que c&rsquo;était classe. Sélène sentit ses yeux brûler . Pas maintenant. Althéa, elle, vit autre chose : une ligne de contrôle rompue. Elle tourna son regard vers Isolde.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Et vous ? Vous choisissez aussi votre place ? Isolde trembla. Mais elle répondit :</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Oui.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Laquelle ? Isolde regarda Sélène. Puis Eden. Puis le dossier rouge.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Pas dans votre dossier . La salle sembla respirer .</p>
      <p>Valère applaudit une fois. Un seul clap. Sec.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Magnifique. Vraiment. Il y a presque une morale. Sélène le fixa.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; &ldquo;Presque&rdquo; vous dérange ?</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Non. Le presque est l&rsquo;endroit où je vis. Il se décolla du mur et s&rsquo;approcha de la table. Althéa ne le regarda pas, mais quelque chose dans son corps changea. Méfiance. Enfin.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Valère, dit-elle.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Althéa. Sa voix était douce. Trop douce.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Vous avez gardé le dossier rouge comme une couronne. Erreur romantique. Les couronnes attirent toujours les mains. Sélène sentit le danger avant le mouvement. Valère tira. Pas sur Althéa. Pas sur Sélène. Sur les lumières au-dessus de la table.</p>
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      <p>La salle bascula dans une pénombre striée. Eden attrapa Sélène par le bras et la tira derrière une colonne. Elle ne protesta pas. Permission rétroactive évidente. Livia tira vers les hommes d&rsquo;Althéa. Isolde se baissa derrière la table renversée par Madame Renard avec une vigueur inattendue. Althéa saisit le dossier rouge. Valère fut plus rapide. Il attrapa la moitié du dossier . Les pages se déchirèrent.</p>
      <p>Des feuilles volèrent dans l&rsquo;air . Rouge et blanc. Noms. Colonnes. Fragments de vies. Sélène sortit de derrière la colonne. Eden jura.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Sélène ! Elle se jeta vers les pages au sol. Pas le dossier entier . Les feuilles. Ce que Valère et Althéa voulaient transformer en monnaie redevenait fragile, dispersé, récupérable par plusieurs mains. Maëlys, dans l&rsquo;oreillette, cria :</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Les caméras voient les feuilles ! Je répète : des noms risquent d&rsquo;être visibles ! Sélène attrapa le micro de table tombé au sol.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Coupez le zoom. Floutez le sol. Maintenant.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Je fais ! Elle ramassa une poignée de pages et les plaqua contre elle. Une balle frappa le bois près de sa main. Eden tira en retour . Pas pour tuer . Pour ouvrir l&rsquo;espace. Valère, lui, avait récupéré une liasse. Althéa une autre. Le dossier rouge était scindé. La pire situation. Ou la meilleure, si personne ne possédait plus le tout. Valère recula vers la sortie latérale.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Je vous laisse le choix, cria-t-il presque joyeusement. Suivre la mère ou suivre l&rsquo;homme qui sait lire ! Althéa partit par l&rsquo;autre côté. Deux directions. Deux morceaux. Encore un choix. Sélène sentit la haine pure de cette mécanique. Eden regarda Althéa. Isolde regarda Valère. Sélène comprit.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Non, dit-elle. Elle se tourna vers Livia.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; On divise nos forces, mais pas nos décisions. Livia hocha la tête.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Je prends Althéa. Isolde dit :</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Non. Moi. Eden se tourna vers elle.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Isolde...</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Pas seule, dit-elle. Sélène regarda la sortie par laquelle Valère venait de fuir .</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Valère a probablement la partie qui lit les enfants comme une histoire. Althéa a celle qui les tient comme des propriétés. Eden comprit.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Vous allez vers Valère.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Oui.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Alors je viens. Elle regarda son flanc.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Vous êtes blessé.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Je suis à gauche. Elle aurait voulu dire non. Elle n&rsquo;en eut pas le temps. Valère disparaissait déjà.</p>
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      <p>Valère connaissait Ashfall trop bien. Il ne fuyait pas au hasard. Il glissait dans les couloirs comme s&rsquo;il avait toujours appartenu aux murs, tournant avant les caméras, coupant par des portes que même Eden regardait avec surprise.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Il a des accès, dit Sélène.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Beaucoup trop, répondit Eden.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Votre mère ?</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Ou la vôtre. Elle le regarda en courant.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Quoi ?</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Valère a peut-être étudié les mêmes plans que Claire. La pensée fit mal. Pas parce qu&rsquo;elle accusait Claire. Parce qu&rsquo;elle rappelait que les routes de survie peuvent devenir des routes de fuite pour les monstres quand elles sont découvertes. Ils tournèrent vers le salon Tubéreuse. Bien sûr . Les archives. La bouche. Le lieu où les secrets avaient commencé à parler en chuchotant.</p>
      <p>Valère était là. Pas essoufflé. Ou faisant semblant de ne pas l&rsquo;être. Il tenait sa liasse rouge dans une main, un briquet dans l&rsquo;autre. Autour de lui, les bougies Tubéreuse brûlaient trop fort. L&rsquo;air était lourd, presque suffocant.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Vous voyez ? dit-il. Nous revenons toujours aux pièces qui savent mentir . Eden leva son arme.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Posez les pages.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Vous saignez sur le tapis, Eden. Votre mère va être furieuse. Ou émue. Avec elle, la différence est essentiellement esthétique. Sélène avança d&rsquo;un pas.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Vous ne brûlerez pas les pages. Valère sourit.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Non ?</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Non. Vous aimez trop ce qu&rsquo;elles permettent.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Et quoi donc ?</p>
      <p class="dialogue">&mdash; La suite. Son sourire s&rsquo;élargit. Touché. Elle continua :</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Vous ne voulez pas la fin d&rsquo;Althéa. Vous voulez être celui qui raconte après elle. Vous voulez hériter du chaos avec assez de noms pour vendre des protections, des menaces, des vérités partielles. Valère pencha la tête.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Vous êtes devenue très désagréable.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Merci.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Ce n&rsquo;était pas un compliment.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Je l&rsquo;ai pris quand même. Eden se déplaçait lentement à gauche, cherchant un angle. Valère le vit.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Non, non. Pas de morsure de côté. Votre blessure vous rend moins élégant. Sélène fixa la liasse. Il tenait peut-être vingt pages. Combien de noms ? Combien d&rsquo;enfants ?</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Donnez-moi les pages, dit-elle. Valère rit.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Vous n&rsquo;avez rien à offrir .</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Si. Eden la regarda. Elle ne le regarda pas.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Je vous offre ce que vous voulez vraiment. Valère leva les sourcils.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Votre livre ?</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Non. Elle fit encore un pas.</p>
    ` },
  { kind: "body", html: `
      <p class="dialogue">&mdash; Votre place dans l&rsquo;histoire. Le salon sembla retenir son souffle.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Sélène, dit Eden. Elle leva une main. Pas maintenant. Valère était attentif. Trop.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Continuez, dit-il.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Vous me donnez les pages. Je vous nomme dans Ashfall. Pas comme un parasite élégant. Pas comme un méchant secondaire. Comme ce que vous êtes : l&rsquo;homme qui a compris que les systèmes meurent quand ceux qui les servent commencent à croire qu&rsquo;ils pourraient en devenir les auteurs. Valère ne souriait plus. La vanité est une serrure aussi fiable que la peur . Sélène ajouta :</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Vous voulez survivre à Althéa ? Alors arrêtez d&rsquo;être son effet de style.</p>
      <p>Le briquet de Valère s&rsquo;éteignit.</p>
      <p>Pendant une seconde, Sélène crut avoir gagné. Erreur . Valère leva la liasse.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; C&rsquo;est presque assez. Puis il sortit une page du paquet. Une seule.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Mais vous oubliez que je n&rsquo;ai pas besoin de tout brûler pour écrire une tragédie. Une page suffit. Il approcha le coin de la flamme. Eden tira. Cette fois, pas vers Valère. Dans le briquet.</p>
      <p>La flamme disparut. Valère lâcha le briquet, surpris. Sélène bondit sur la page. Valère recula et attrapa son poignet blessé. Douleur immédiate. Elle étouffa un cri. Eden bougea. Valère tira Sélène contre lui, une lame fine apparue dans son autre main. Pas à la gorge. Près de son flanc. Assez proche pour ouvrir .</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Stop, dit Valère. Eden s&rsquo;arrêta. Sélène sentit la respiration de Valère près de son oreille.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Vous voyez, murmura-t-il. Tout le monde finit par écrire avec un corps devant soi. Sélène ne bougea pas. La lame était froide. Son poignet brûlait. La tubéreuse étouffait.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Vous tremblez, dit-elle. Valère sourit contre son oreille.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Vous aussi.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Oui. Mais moi, je suis fatiguée, blessée et prise en otage. Vous, vous perdez votre style. La lame appuya. Eden parla, voix basse :</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Relâchez-la.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Sinon ?</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Sinon je ne serai plus à gauche. La phrase n&rsquo;était pas une menace spectaculaire. C&rsquo;était pire. Une vérité placée au bord. Sélène sentit Valère l&rsquo;entendre. Il voulait cette bascule. Bien sûr . Il voulait Eden violent, Sélène en preuve, lui en déclencheur . Elle devait casser la phrase.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Eden.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Je suis là.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Regardez les pages. Il ne comprit pas tout de suite. Puis si. Les pages étaient tombées en partie au sol pendant la lutte. Certaines face visible. Des noms. Des lignes. Des dates. Sélène murmura :</p>
    ` },
  { kind: "body", html: `
      <p class="dialogue">&mdash; Lisez. Valère se raidit.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Ne faites pas ça. Voilà. Enfin. La peur . Eden baissa les yeux vers une page. Il lut. Son visage changea. Pas à cause d&rsquo;un enfant. À cause d&rsquo;un nom d&rsquo;adulte dans la marge.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Valère Saint-James, dit-il. Sélène sentit Valère se figer . Eden ramassa la page, malgré la douleur .</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Statut : enfant transféré. Nom d&rsquo;origine inconnu. Réaffecté famille Saint-James. Formation narrative sous cellule Lys. Le silence du salon devint énorme. Valère ne respirait plus contre elle. Sélène comprit. Valère n&rsquo;était pas seulement un parasite du système. Il était un de ses enfants. Un enfant effacé devenu gardien du récit.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Taisez-vous, dit Valère. Plus de sourire. Plus de velours. Juste une voix nue. Trop jeune sous l&rsquo;élégance. Eden le regardait avec une expression que Sélène ne lui connaissait pas. Pas de pitié. Pas encore. Une reconnaissance horrifiée.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Vous ne saviez pas, dit Eden.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Taisez-vous.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Vous cherchiez votre nom dans le dossier . La lame trembla contre Sélène. Elle parla doucement :</p>
      <p class="dialogue">&mdash; C&rsquo;est pour ça que vous vouliez les pages.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Non.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Si.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Non. Un refus d&rsquo;enfant. Pas de stratège. Pas de monstre. Sélène sentit le danger changer . Un homme comme Valère, dévoilé à lui-même, pouvait devenir plus dangereux encore.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Vous avez servi le Lys parce que vous pensiez l&rsquo;écrire, dit-elle. Mais ils vous ont écrit avant. Il la repoussa violemment. Pas avec la lame. Avec le bras. Elle tomba contre une table basse, douleur dans les côtes. Eden se précipita vers elle, mais elle leva la main.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Les pages ! Eden hésita une fraction de seconde. Puis choisit les pages. Bien. Valère recula, les yeux fixés sur la feuille qu&rsquo;Eden tenait.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Donnez-la-moi. Eden secoua la tête.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Non.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Elle est à moi.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Peut-être. Mais pas seulement. Valère rit. Un rire cassé.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Vous osez me faire la leçon sur les noms ? Vous ? Un Veyr élevé dans un mausolée, blessé parce que votre mère a menti sur une sœur ? Moi, je n&rsquo;ai même pas le luxe de savoir quelle tombe haïr . La phrase frappa juste. Eden encaissa.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Alors ne brûlez pas celles des autres. Valère se figea. Sélène se releva lentement.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Vous voulez votre nom ? Aidez-nous à garder ceux des enfants.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Je n&rsquo;aide personne.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Mensonge. Il la regarda. Elle essuya le sang sur sa lèvre rouverte.</p>
    ` },
  { kind: "body", html: `
      <p class="dialogue">&mdash; Vous avez laissé des portes depuis le début. Pas par bonté. Pas par morale. Parce qu&rsquo;une partie de vous voulait savoir si quelqu&rsquo;un pouvait sortir du texte. Valère semblait la détester . Peut-être parce qu&rsquo;elle avait raison.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Althéa a l&rsquo;autre moitié, dit-il. Sélène ne bougea pas.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Où va-t-elle ? Valère regarda la page avec son nom. Puis les bougies. Puis Eden.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Dans la crypte. Eden se raidit.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Quelle crypte ?</p>
      <p class="dialogue">&mdash; La vraie salle des Veyr . Sous Ashfall. Là où les noms de famille sont plus importants que les corps. Il ramassa lentement les pages tombées et les tendit à Sélène. Pas toutes. Il garda celle avec son nom.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Je garde ceci. Sélène hocha la tête.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; D&rsquo;accord. Eden voulut protester . Elle le coupa d&rsquo;un regard. Pas maintenant. Valère recula vers une autre porte.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Je ne viens pas avec vous.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Évidemment, dit Sélène.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Mais je ne suis plus avec elle.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Ce n&rsquo;est pas encore être avec nous. Un sourire faible revint. Un vrai, peut-être.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Nuance. Vous voyez ? Je vous ai bien formée. Puis il disparut par la porte de service. Eden leva son arme. Sélène posa une main sur son bras.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Non.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Il va fuir .</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Oui.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Avec une page.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; La sienne. Eden la regarda.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Vous lui faites confiance ?</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Non. Elle serra les pages rouges contre elle.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Je lui donne une raison de ne pas brûler le reste.</p>
      <p>Quand ils revinrent dans la salle principale, Althéa avait disparu. Livia était blessée à l&rsquo;arcade, Isolde debout près de la table noire, Madame Renard assise sur une chaise renversée comme une reine après un siège. Maëlys jurait dans l&rsquo;oreillette en trois registres différents.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Elle est descendue, dit Livia. Crypte Veyr . J&rsquo;ai envoyé deux hommes, mais elle a verrouillé derrière. Eden regarda Sélène.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Valère vous l&rsquo;a dit.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Oui.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Pourquoi ? demanda Isolde. Sélène posa les pages récupérées sur la table.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Parce qu&rsquo;il était dans le dossier . Silence. Isolde comprit la première.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Un enfant ?</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Oui. Madame Renard ferma les yeux.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Je savais que certains revenaient travailler pour eux. Pas lesquels. Maëlys apparut depuis la régie, pâle.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Attendez. Valère ? Notre cafard littéraire est un enfant effacé ?</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Oui.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Je déteste quand les méchants ont une backstory qui me force à nuancer mes insultes.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Garde-en quelques-unes, dit Sélène. Il reste Valère. Maëlys hocha la tête, presque soulagée.</p>
    ` },
  { kind: "body", html: `
      <p class="dialogue">&mdash; Merci. Livia inspecta les pages.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; On a peut-être un tiers du dossier .</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Althéa ? demanda Eden.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Probablement un autre tiers. Valère a gardé quelques feuilles, dont la sienne. Le reste est peut-être détruit ou éparpillé dans la salle. Noé arriva avec l&rsquo;enveloppe de secours.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Je n&rsquo;ai pas fui. Sélène le regarda.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Je vois.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Mauvaise décision ?</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Peut-être.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Mais utile ? Elle prit l&rsquo;enveloppe.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Oui. Il eut un sourire fatigué. Elle ouvrit l&rsquo;enveloppe et en sortit les copies partielles constituées depuis la Maison Sainte-Isolde : les noms confirmés par Renard, Halden, Isolde, Lenoir , Voss, les fragments de Claire. Pas le dossier complet. Mais une base.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; On n&rsquo;a plus besoin qu&rsquo;Althéa possède tout pour la faire tomber , dit-elle. Eden regardait la porte menant à la crypte.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Je dois descendre. Sélène entendit la différence. Pas &ldquo;on&rdquo;. Je.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Non. Il tourna lentement la tête.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; C&rsquo;est ma famille.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; C&rsquo;est leur phrase préférée pour enfermer les gens dans des caves. Il encaissa.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Elle est ma mère.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Et elle utilise ça comme dernière serrure. Isolde s&rsquo;approcha.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Je viens. Eden ferma les yeux.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Isolde.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Elle m&rsquo;a enterrée. Je veux voir où elle garde les morts utiles. Madame Renard leva la main.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Moi, je ne viens pas. Mes genoux refusent les cryptes. Mais je conseille fortement de ne pas laisser une mère Veyr seule avec ses symboles. Maëlys prit une inspiration.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Moi, je reste en haut. Quelqu&rsquo;un doit empêcher Internet de transformer tout ça en théorie BookTok avec edits sexy sur les criminels. Sélène eut presque un rire. Puis la salle trembla. Un grondement sous leurs pieds. Pas une explosion. Un mécanisme ancien. Eden devint livide.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; La crypte s&rsquo;ouvre.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Pourquoi ? demanda Noé. Livia regarda sa tablette.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Un flux vient de démarrer depuis le sous-sol. Sur l&rsquo;écran principal, l&rsquo;image changea. Althéa apparut dans une pièce de pierre, entourée de plaques funéraires, de portraits Veyr et de bougies blanches. Dans sa main, la dernière partie du dossier rouge. Derrière elle : une grande cheminée ouverte. Althéa regarda la caméra.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Puisque Sélène refuse le choix, je vais rendre la décision plus simple. Elle jeta la première page au feu.</p>
    ` },
  { kind: "body", html: `
      <p>Ils coururent vers la crypte. Eden, blessé, trop pâle. Isolde, tremblante mais droite. Sélène avec les pages récupérées contre sa poitrine. Livia derrière, arme prête. Noé resta en haut avec Maëlys, Madame Renard et les témoins. Pas parce qu&rsquo;il voulait. Parce que Sélène lui avait donné une tâche et qu&rsquo;il avait enfin compris que tenir une preuve pouvait être aussi courageux que courir vers les flammes. L&rsquo;escalier vers la crypte descendait sous la salle principale. Pierre noire. Air froid. Odeur de cire et de poussière aristocratique. Ashfall, jusqu&rsquo;ici, avait été club, maison, piège, scène. Sous terre, il redevenait tombe.</p>
      <p>La porte de la crypte était ouverte. À l&rsquo;intérieur , Althéa brûlait les pages une par une. Pas vite. Pas en panique. Cérémoniellement. Chaque feuille tenue entre deux doigts, lue brièvement, puis offerte aux flammes.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Arrête, dit Eden. Sa voix ne résonna presque pas. Trop de pierre l&rsquo;avalait. Althéa leva les yeux.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Tu arrives enfin par la bonne porte. Sélène entra à côté de lui.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Posez les pages.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Vous donnez encore des ordres dans les maisons des autres.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; C&rsquo;est une mauvaise habitude que j&rsquo;ai prise en survivant aux vôtres. Isolde entra. Althéa la regarda. Et pour la première fois, quelque chose comme de la douleur traversa son visage. Pas du remords. Possession blessée.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Tu n&rsquo;aurais jamais dû venir ici. Isolde répondit :</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Je sais. Puis, après un silence :</p>
      <p class="dialogue">&mdash; C&rsquo;est pour ça que je suis venue. Althéa serra les pages restantes.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Ces noms détruiront plus de vies qu&rsquo;ils n&rsquo;en sauveront. Sélène avança lentement.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Non. Votre mise en scène autour d&rsquo;eux, oui. Les noms, eux, sont des portes. On peut apprendre à les ouvrir correctement.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Vous êtes naïve.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Peut-être. Elle regarda le feu. Déjà plusieurs pages perdues. Des noms partis en fumée. Cela fit mal. Vraiment. Mais elle pensa à Claire. Ne laisse pas les morts décider qui doit payer. Même les noms brûlés ne devaient pas servir d&rsquo;excuse à devenir Althéa. Eden, lui, regardait sa mère.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Tu as enterré Isolde.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Je l&rsquo;ai protégée.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Tu as tué Irina.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Irina s&rsquo;est condamnée quand elle a choisi la désobéissance comme identité.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Tu as utilisé ma main pour signer . Althéa eut un soupir presque tendre.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Je t&rsquo;ai donné une fonction dans une tragédie au lieu de te laisser inutile devant la mort de ta sœur . Le silence devint si violent que Sélène sentit son propre corps se tendre. Voilà. Le cœur d&rsquo;Althéa. Pas l&rsquo;amour . La fonction. Les êtres n&rsquo;existaient que lorsqu&rsquo;ils servaient la structure. Eden leva son arme. Sa main tremblait. Sélène dit :</p>
    ` },
  { kind: "body", html: `
      <p class="dialogue">&mdash; Eden. Il ne baissa pas l&rsquo;arme.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Elle ne s&rsquo;arrêtera jamais.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Peut-être.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Alors quoi ? Sélène n&rsquo;avait pas de réponse assez propre. Isolde avança.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Alors elle reste avec son nom. Althéa fronça les sourcils.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Quoi ? Isolde prit une plaque funéraire sur le mur . Petite. Gravée : Isolde Veyr &mdash; enfant aimée &mdash; enfant perdue. Mensonge de pierre. Elle l&rsquo;arracha de son support avec une force née de vingt ans d&rsquo;effacement.</p>
      <p>Puis elle la jeta dans le feu. Althéa cria. Pas pour les pages. Pour la plaque. Pour le symbole. Pour la tombe qui prouvait son récit. Eden tira. Pas sur sa mère. Sur la chaîne qui maintenait la grille de cheminée ouverte. La grille tomba, séparant Althéa du feu et des pages restantes.</p>
      <p>Sélène se jeta sur les feuilles au sol. Livia neutralisa Althéa d&rsquo;un geste brutal, enfin. Pas théâtral. Efficace. La matriarche tomba à genoux sur la pierre. Pas vaincue entièrement. Mais arrêtée. Pour la première fois, arrêtée. Sélène récupéra les dernières pages rouges. Il en manquait. Beaucoup. Trop. Mais pas tout. Au-dessus, Maëlys cria dans l&rsquo;oreillette :</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Sélène, le flux a tout vu. Tout. Sélène leva les yeux vers la caméra de la crypte. Le monde venait de voir Althéa brûler des noms d&rsquo;enfants. Pas tous les noms. Mais assez pour que le feu parle. Althéa, à genoux, la regarda avec une haine tranquille.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Vous pensez que c&rsquo;est la fin ? Sélène serra les pages contre elle.</p>
      <p class="dialogue">&mdash; Non. Elle regarda Eden. Puis Isolde. Puis le feu où une fausse tombe venait de brûler .</p>
      <p class="dialogue">&mdash; C&rsquo;est enfin la partie que vous ne contrôlez plus.</p>
      <p>Dans la cheminée, la plaque d&rsquo;Isolde noircissait. Pour la première fois, sa tombe mentait moins fort que sa voix.</p>
    ` },
  { kind: "endcard", ch: { n: 20, name: "Le choix public" } },
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