﻿// pages-acte1.jsx, Ashfall, Acte I, Chapitres 1-6 (prose complÃ¨te)
// Each entry is the page array for that chapter, rendered after the chapter title page.

const CH1_PAGES = [
  {
    kind: "body",
    html: `
      <p class="dropcap no-indent">La porte se referme sans bruit.</p>
      <p>C'est cela, d'abord, qui la trahit. Pas la piÃ¨ce, pas l'homme, pas le contrat posÃ© lÃ -bas Ã  l'autre extrÃ©mitÃ© de la table : le silence. Un silence travaillÃ©, calibrÃ©, isolÃ© jusqu'Ã  devenir matiÃ¨re. Le silence d'un habitacle de trÃ¨s haut de gamme dont on a refermÃ© la portiÃ¨re sur l'autoroute, et oÃ¹ l'on ne sait plus, soudain, si la voiture roule. Un silence qui Ã©coute.</p>
      <p>Sasha s'arrÃªte Ã  deux pas du seuil.</p>
      <p>Elle compte sans le vouloir. Vingt mÃ¨tres jusqu'Ã  lui. Peut-Ãªtre vingt-deux. Le sol est en bÃ©ton cirÃ©, gris cendre, plan comme un miroir poli. Les murs ne portent rien : aucun tableau, aucune ligne, aucune ombre superflue. Une seule baie vitrÃ©e court d'un mur Ã  l'autre, du sol au plafond, et derriÃ¨re, le port de Marseille s'Ã©tale, sourd, comme filmÃ© Ã  travers une vitre blindÃ©e. Pas de bruit. Aucune sirÃ¨ne, aucun klaxon ne parvient jusqu'ici. La hauteur a tuÃ© le monde.</p>
    `,
  },
  {
    kind: "body",
    html: `
      <p class="no-indent">Au fond, derriÃ¨re une table de marbre noir longue de plusieurs mÃ¨tres, Julian Vance est assis.</p>
      <p>Il ne se lÃ¨ve pas. Il ne lui sourit pas. Il ne lui fait pas signe d'avancer.</p>
      <p>Il la regarde, et ce regard n'a rien d'un regard d'homme. C'est un regard de propriÃ©taire qui inventorie un bien dans la pÃ©nombre d'un entrepÃ´t. Calmement. Sans hÃ¢te. Sans cruautÃ© apparente. Comme si elle Ã©tait l'une des nombreuses lignes d'un tableur qu'il aurait Ã©tudiÃ©, le matin, en buvant un cafÃ© qu'elle ne lui voyait pas boire.</p>
      <p>â€” <em>Approchez.</em></p>
      <p>Un seul mot. Grave. PosÃ©. Sans relief.</p>
      <p>Pas une invitation. Une donnÃ©e.</p>
    `,
  },
  {
    kind: "body",
    html: `
      <p class="no-indent">Sasha avance. Cinq pas. Le bruit de ses talons contre le bÃ©ton cirÃ© la rattrape en Ã©cho, net, sec, dÃ©sagrÃ©able, comme si la piÃ¨ce s'Ã©tait mise Ã  compter pour elle. Elle se rend compte qu'elle a verrouillÃ© sa respiration. Elle expire, trÃ¨s lentement, et l'air sort de sa poitrine en tremblant lÃ©gÃ¨rement, malgrÃ© elle.</p>
      <p>Quelque part au-dessus d'elle, le tic-tac rÃ©verbÃ©rÃ© d'une horloge qu'elle ne voit pas. <em>Tac. Tac. Tac.</em> RÃ©gulier. PrÃ©cis. Le son d'un instrument suisse fabriquÃ© pour mesurer le temps, pas pour le combler.</p>
      <p>Elle s'arrÃªte Ã  un mÃ¨tre de la table.</p>
      <p>Il y a un contrat devant lui. Deux exemplaires, alignÃ©s sur le marbre noir avec une telle prÃ©cision qu'on dirait que quelqu'un les a posÃ©s, puis a corrigÃ© l'angle avec un gabarit. Ã€ droite, une plume. Pas un stylo : une plume en acier mat, d'un seul tenant, Ã  exactement quatre centimÃ¨tres de la derniÃ¨re page.</p>
    `,
  },
  {
    kind: "body",
    html: `
      <p class="no-indent">Julian ne touche rien. Ses mains sont posÃ©es sur la table, paumes vers le bas, Ã  largeur d'Ã©paules. Immobiles. La lumiÃ¨re du nord glisse sur ses phalanges et y dessine une bande pÃ¢le. Pas une bague. Pas une montre. Rien qui puisse retenir le regard.</p>
      <p>C'est exactement ce qu'il veut. Que tout, dans la piÃ¨ce, soit nul, afin qu'il devienne, lui, le seul point qui existe.</p>
      <p>Il ne parle pas. Il attend.</p>
      <p>Sasha sent que quelque chose, derriÃ¨re son sternum, vient de basculer. Son cÅ“ur ne bat pas plus vite, il bat plus fort. Il cogne contre une cage qu'elle n'avait pas remarquÃ©e jusque-lÃ . Elle prend conscience, soudain, de chacun des points de contact que son corps entretient avec le monde : la couture intÃ©rieure de sa chemise, le poids de sa montre, la pointe de ses talons sur le sol. Elle est trop habillÃ©e. Elle est trop visible. Elle est trop lÃ .</p>
    `,
  },
  {
    kind: "body",
    html: `
      <p class="no-indent">Il la laisse macÃ©rer.</p>
      <p>Trente secondes. Une minute. Le silence s'Ã©paissit, devient une substance dans laquelle elle respire mal. Elle voudrait parler, n'importe quoi, un bonjour, une plaisanterie, un commentaire sur la vue. Sa gorge ne lui rÃ©pond pas. Sa langue est sÃ¨che. Elle se rend compte qu'elle est en train, lentement, de cÃ©der un terrain qu'elle n'a mÃªme pas eu le temps de dÃ©fendre.</p>
      <p>Et lui, en face, respire.</p>
      <p><em>Lentement.</em></p>
      <p>C'est cela, peut-Ãªtre, le pire. Pas l'immobilitÃ©. La respiration. Le mouvement trÃ¨s ample de sa cage thoracique, ralenti, profond, presque animal, qui ne s'accÃ©lÃ¨re pas, qui ne se trouble pas. Il respire comme un homme qui dort. Il respire comme un homme qui n'a rien Ã  craindre.</p>
      <p>Il respire pour deux.</p>
      <p>Et Sasha, en face, suffoque pour deux.</p>
    `,
  },
  {
    kind: "body",
    html: `
      <p class="sep">Â· Â· Â·</p>
      <p class="no-indent">Enfin, il parle.</p>
      <p>â€” Vous avez lu, dit-il.</p>
      <p>Ce n'est pas une question.</p>
      <p>â€” J'ai lu, dit-elle.</p>
      <p>Sa voix sort plus haute qu'elle ne l'avait prÃ©vu. Elle dÃ©teste cela. Elle voit, Ã  un imperceptible relÃ¢chement de la mÃ¢choire, qu'il l'a entendu aussi.</p>
      <p>â€” Tout ?</p>
      <p>â€” Tout.</p>
      <p>â€” Le paragraphe douze de l'annexe C ?</p>
      <p>Elle marque un temps. Il le sait. Il sait qu'elle a sautÃ© la moitiÃ© de l'annexe C parce qu'elle a cru, Ã  un moment, que les chiffres allaient lui faire perdre connaissance, lÃ , dans son bureau Ã  elle, sur sa chaise Ã  elle, dans la derniÃ¨re piÃ¨ce de la derniÃ¨re vie qui Ã©tait encore la sienne.</p>
    `,
  },
  {
    kind: "body",
    html: `
      <p class="no-indent">â€” Le paragraphe douze, rÃ©pÃ¨te-t-il, sans inflexion. La clause de non-concurrence. Sept ans. Internationale. Une structure de sociÃ©tÃ©s en cascade. Vous savez, mademoiselle Vasari, que vous avez auditÃ© l'un de ces vÃ©hicules il y a six mois.</p>
      <p>Elle tique. Elle ne l'a pas dit Ã  voix haute. Elle ne l'a dit Ã  personne. <em>Marziale Holdings (BVI).</em> Le dossier qui lui a coÃ»tÃ© son cabinet. Le dossier dont elle ne savait pas, alors, qu'il allait coÃ»ter aussi son sommeil.</p>
      <p>â€” Je l'ai auditÃ©, oui.</p>
      <p>â€” Bien.</p>
      <p>Le mot tombe entre eux, parfaitement plat, et pourtant elle le reÃ§oit comme une dÃ©charge brÃ¨ve, courte, au creux du ventre. Elle dÃ©teste cela aussi. Elle dÃ©teste de l'avoir entendu et d'avoir, l'espace d'un dixiÃ¨me de seconde, Ã©tÃ© heureuse.</p>
      <p>Il se penche lÃ©gÃ¨rement en arriÃ¨re dans son fauteuil. Le cuir ne grince pas. Rien, ici, ne grince. Tout est conÃ§u pour ne pas exister.</p>
      <p>â€” Sasha.</p>
      <p>C'est la premiÃ¨re fois qu'il prononce son prÃ©nom. Il le pose comme on pose un objet : avec soin, Ã  un endroit prÃ©cis, dont on n'a pas l'intention de le bouger.</p>
    `,
  },
  {
    kind: "body",
    html: `
      <p class="no-indent">â€” Vous Ãªtes libre de partir.</p>
      <p>Elle reste immobile.</p>
      <p>â€” Pardon ?</p>
      <p>â€” Vous Ãªtes libre de partir, rÃ©pÃ¨te-t-il, du mÃªme ton, sans bouger. Personne ne vous a amenÃ©e ici sous la contrainte. La porte est derriÃ¨re vous. Je n'ai pas verrouillÃ©. Je ne le ferai pas. Si vous estimez, Ã  cet instant, que vous ne pourrez pas supporter ce que ce document implique, vous quittez cet immeuble, vous reprenez votre vie, et vous ne reviendrez plus.</p>
      <p>Une pause.</p>
      <p>â€” Et je n'ai rien contre cela.</p>
      <p>Le tic-tac, au-dessus d'eux, continue. <em>Tac. Tac. Tac.</em></p>
      <p>Elle comprend, immÃ©diatement, qu'il est en train de mentir. Pas dans les mots, les mots sont irrÃ©prochables, on pourrait les lui faire signer eux aussi, mais dans la gÃ©omÃ©trie. Dans la disposition de tout ce qu'il a construit autour de cette phrase.</p>
    `,
  },
  {
    kind: "body",
    html: `
      <p class="no-indent">On n'organise pas un tel dÃ©cor pour quelqu'un que l'on est prÃªt Ã  laisser partir. On organise un tel dÃ©cor pour quelqu'un que l'on a dÃ©jÃ .</p>
      <p>Et pourtant.</p>
      <p>Pourtant, elle hÃ©site.</p>
      <p>Pas parce qu'elle ignore la sortie. Elle l'a repÃ©rÃ©e en entrant, par rÃ©flexe, premier rÃ©flexe de toute femme qui pÃ©nÃ¨tre dans la piÃ¨ce d'un homme qu'elle ne connaÃ®t pas. La porte est Ã  neuf pas derriÃ¨re elle. La poignÃ©e est en acier brossÃ©. Elle s'ouvre vers l'intÃ©rieur. Trois secondes, peut-Ãªtre quatre. Elle pourrait Ãªtre dehors avant qu'il ait fini de respirer.</p>
      <p>Elle hÃ©site parce que dehors, justement, il n'y a plus rien.</p>
      <p>Elle revoit, en accÃ©lÃ©rÃ©, les six derniers mois. La perte du contrat principal. Les comptes qui se ferment l'un aprÃ¨s l'autre, poliment, sans explication. Les appels qu'on ne lui retourne plus. Le sentiment, peu Ã  peu, qu'une main invisible Ã©tait en train de retirer, une Ã  une, toutes les chaises de la piÃ¨ce, et que la derniÃ¨re Ã  rester serait celle qu'on lui dÃ©signerait.</p>
    `,
  },
  {
    kind: "body",
    html: `
      <p class="no-indent">Cette chaise est lÃ . Devant elle. De l'autre cÃ´tÃ© du marbre noir.</p>
      <p>Et l'homme qui en tient le dossier respire calmement, paumes Ã  plat, sans la regarder.</p>
      <p>â€” Prenez votre temps, ajoute-t-il, trÃ¨s doucement.</p>
      <p>Le Â« doucement Â» est nouveau. Le Â« doucement Â» est une arme. Le Â« doucement Â» la dÃ©stabilise plus que tout le reste.</p>
      <p>Elle ferme les yeux une seconde.</p>
      <p>Elle compte. Quatre temps d'inspiration. Six temps d'expiration. C'est ce qu'on lui a appris, Ã  dix-sept ans, dans la salle d'attente d'un cabinet oÃ¹ elle ne voulait plus revenir. Quatre temps. Six temps. Le nerf vague. La parasympathie. Le retour au corps.</p>
      <p>Cela ne marche pas.</p>
      <p>Cela ne marche pas parce qu'au quatriÃ¨me temps, elle entend, en face, qu'il respire <em>avec</em> elle. Pas pour la rassurer. Pour la suivre.</p>
    `,
  },
  {
    kind: "body",
    html: `
      <p class="no-indent">Pour lui faire savoir qu'il a remarquÃ© qu'elle rÃ©gulait, et qu'il s'amusait Ã  rÃ©gler son propre tempo sur le sien, comme un musicien accorde un instrument dont il sait, Ã  l'avance, qu'il va le jouer.</p>
      <p>Elle rouvre les yeux.</p>
      <p>Il n'a pas bougÃ©. Il ne sourit pas. Il n'y a, dans son visage, aucune trace de la moindre satisfaction. Et c'est prÃ©cisÃ©ment cela, cette absence de jouissance visible, cette froideur d'horloger, qui lui dit qu'elle vient, Ã  l'instant, de perdre quelque chose qu'elle ne pourra pas rÃ©cupÃ©rer.</p>
      <p>â€” Vous voulez de l'eau ? demande-t-il.</p>
      <p>â€” Non.</p>
      <p>Le Â« non Â» est sorti trop vite. Elle le sait. Il le sait.</p>
      <p>â€” <em>Bien.</em></p>
      <p>Encore ce mot. Encore cette dÃ©charge, plus brÃ¨ve cette fois, plus prÃ©cise, comme si la premiÃ¨re l'avait prÃ©parÃ©e Ã  mieux recevoir la seconde.</p>
    `,
  },
  {
    kind: "body",
    html: `
      <p class="sep">Â· Â· Â·</p>
      <p class="no-indent">Elle fait un pas en avant.</p>
      <p>Personne ne le lui a demandÃ©. Personne ne le lui a ordonnÃ©. Il n'a pas levÃ© un doigt, pas mÃªme un sourcil. Et pourtant elle fait ce pas, et le pas suivant, et celui d'aprÃ¨s. Le bruit de ses talons sur le bÃ©ton cirÃ© n'est plus le bruit qu'elle entend : elle entend, Ã  prÃ©sent, le frottement de l'air sur ses propres tempes, la pulsation sourde derriÃ¨re son oreille gauche, la mince vibration d'une artÃ¨re quelque part dans sa nuque.</p>
      <p>Elle s'arrÃªte contre la table.</p>
      <p>Le marbre noir est froid. Elle ne le touche pas, elle ne le frÃ´le qu'Ã  travers la distance, et pourtant elle sent le froid monter jusqu'Ã  ses cuisses, comme si la piÃ¨ce, depuis le sol, avait choisi de la prendre par les jambes.</p>
      <p>La plume est lÃ , Ã  exactement quatre centimÃ¨tres de la derniÃ¨re page.</p>
      <p>Il ne la lui tend pas.</p>
    `,
  },
  {
    kind: "body",
    html: `
      <p class="no-indent">Il la regarde, lui, Ã  prÃ©sent, pour la premiÃ¨re fois depuis qu'il a dit Â« approchez Â». Et son regard, cette fois, n'a plus rien d'un regard de propriÃ©taire. C'est un regard d'expÃ©rimentateur qui observe, derriÃ¨re une vitre, le moment exact oÃ¹ l'animal va dÃ©cider, de lui-mÃªme, sans aucune intervention extÃ©rieure, de poser la patte sur le levier.</p>
      <p>Sasha lÃ¨ve la main.</p>
      <p>Elle voit sa propre main avancer comme si elle appartenait Ã  quelqu'un d'autre. Les doigts sont calmes. Le pouls, dans le poignet, ne l'est pas du tout.</p>
      <p>Elle prend la plume.</p>
      <p>Le mÃ©tal est lourd. Plus lourd qu'elle ne l'aurait imaginÃ©. ConÃ§u pour Ãªtre lourd. ConÃ§u pour qu'on n'oublie pas qu'on tient quelque chose.</p>
      <p>Elle signe.</p>
    `,
  },
  {
    kind: "body",
    html: `
      <p class="no-indent">PremiÃ¨re page. Initiale. DeuxiÃ¨me page. Initiale. TroisiÃ¨me page. Initiale. Le frottement de la plume sur le papier Ã©pais Ã©met un son trÃ¨s doux, presque organique, Ã  la limite du chuchotement, et c'est, soudain, le seul son du monde. Plus de tic-tac. Plus de respiration. Plus de ville. Rien que ce raclement microscopique d'une pointe d'acier sur une fibre de coton.</p>
      <p>Annexe A. Annexe B. Annexe C. Paragraphe douze.</p>
      <p>Elle ne ralentit pas.</p>
      <p>DerniÃ¨re page. Nom complet. <em>Sasha Vasari.</em> Date.</p>
      <p>Elle pose la plume.</p>
      <p>Elle la pose exactement Ã  quatre centimÃ¨tres de la derniÃ¨re page, lÃ  oÃ¹ elle l'avait trouvÃ©e. Elle ne sait pas pourquoi elle fait cela. Personne ne le lui a demandÃ©. C'est son corps qui dÃ©cide. C'est son corps qui a dÃ©jÃ  compris, avant elle, dans quelle gÃ©omÃ©trie elle vient d'entrer.</p>
      <p>Elle relÃ¨ve les yeux.</p>
    `,
  },
  {
    kind: "body",
    html: `
      <p class="no-indent">Et Julian, en face, la regarde.</p>
      <p><em>Une seule fois.</em></p>
      <p>Un regard de trois secondes, peut-Ãªtre quatre. Pas un sourire. Pas un mot. Pas mÃªme un mouvement de tÃªte. Rien que ce regard, droit, posÃ©, complet, qui la voit, pour la premiÃ¨re fois depuis qu'elle est entrÃ©e, en entier. Pas comme une ligne de tableur. Pas comme un dossier. Comme une chose qu'il vient d'acquÃ©rir, et dont il prend acte, briÃ¨vement, pour vÃ©rifier que la livraison est conforme.</p>
      <p>Et dans ce regard, il y a, une fraction de seconde, Ã  peine, mais elle le voit, quelque chose qui ressemble Ã  un assentiment.</p>
      <p>Un infime hochement intÃ©rieur.</p>
      <p>Pas mÃªme un Â« bien Â».</p>
      <p>Juste : <em>oui</em>.</p>
    `,
  },
  {
    kind: "body",
    html: `
      <p class="no-indent">Et Sasha, en face, sent quelque chose s'effondrer doucement dans sa poitrine. Pas de la peur. Pas du soulagement. Quelque chose de plus dangereux que les deux. Une chaleur trÃ¨s brÃ¨ve, trÃ¨s prÃ©cise, qui descend de la base du crÃ¢ne jusqu'au creux des reins, et qui la laisse, l'espace d'un instant, parfaitement immobile, debout devant la table de marbre noir, la plume reposÃ©e, le contrat signÃ©, la respiration enfin synchrone avec celle de l'homme assis en face d'elle.</p>
      <p>Elle vient de comprendre, trÃ¨s clairement, qu'elle est en train d'apprendre quelque chose qu'il ne faut pas apprendre.</p>
      <p>Et elle a dÃ©jÃ  envie de l'apprendre encore.</p>
      <p>Julian baisse les yeux vers le contrat.</p>
      <p>â€” Vous pouvez disposer, dit-il.</p>
      <p>Le tic-tac, au-dessus, reprend.</p>
      <p class="signoff">â€” Fin du Chapitre I â€”</p>
    `,
  },
];

window.CH1_PAGES = CH1_PAGES;
